Ou la vision (im..?) pertinente de réalités que nous connaissons tous parfaitement, et pas seulement au niveau du subconscient, mais dont personne n'est prêt à nous parler !

Une suite de l'article " La désorganisation neurologique - Une nouvelle approche diagnostique et thérapeutique par la profession chiropratique " (Educateur No 5 - Juin-juillet l992)


VOUS AVEZ DIT PSY...?

Lors d'un précédent article introduisant la notion de "désorganisation neurologique". nous avons clairement émis l'hypothèse de la cause de cet état acquis, à savoir un traumatisme crânien, comme règle générale, et le chamboulement de l'organisation neurologique de l'individu en résultant. Au cas où vous n'auriez pas eu connaissance de cette première publication, nous ne saurions que trop vous recommander de vous y référer!

Pour mémoire, rappelons les conséquences neurologiques potentielles de ce "choc mécanique" et profitons-en pour y apporter quelques développements et considérations. En se souvenant qu'elles peuvent se manifester de manière individuelle ou en combinaison, de plus à des degrés insignifiants ou extrêmes (en fonction des paramètres du choc et des différentes composantes de l'individu), elles s'expriment en trois catégories, à savoir :

Les scolioses :
D'apparition relativement précoce obligatoire (vers l'âge de 6 à 10 ans), elles vont trouver leur apogée durant la phase de croissance maximale, à savoir la pré-puberté et la puberté. Il s'agit en fait d'informations erronées transmises au cerveau depuis les "propriocepteurs" (élément de l'appareillage neurologique sensitif) du corps, lesquels informent de la position articulaire afin que le système nerveux central puisse transmettre le tonus musculaire approprié (donc que l'articulation ne parte pas dans tous les sens !) et d'une réponse inadaptée à la situation réelle. L'aboutissement est, par tractions musculaires asymétriques, une déviation de la norme posturale dite idéale.

Une étude dont j'avais entendu parler il y a une quinzaine d'années tendait à montrer une légère prédominance concernant le sexe féminin et surtout, horreur!, que si l'on avait "redressé" les courbes ainsi acquises, les individus auraient eu une taille supérieure à la moyenne de la population de quelques centimètres! Mais bien sûr, c'était donc cela, ils se "raccourcissaient", la scoliose était psy...! Malheureusement cela n'a été suivi d'aucune autre étude parlant
de l'approche thérapeutique et de ses résultats.


Les allergies :
Selon le schéma précédent, il s'agit en fait simplement d'une information erronée à partir d'une muqueuse (par exemple ce pollen est un ennemi dangereux!) et d'une hyperréaction de la part du système nerveux central (rhinite, démangeaison, éternuement, asthme, excès de production lacrymale,...). Mais n'avez-vous jamais entendu parler de la composante psy...des allergies, de leur exacerbation lors de contrariétés?

Les difficultés d'apprentissage, "dyslexies", "hyperactivité" et autres :

Il s'agit bien évidemment du sujet qui vous concerne le plus et c'est celui que nous allons tenter de développer dans ses grandes lignes.
Au niveau ostéoarticulaire on a pu démontrer des micro-mouvements au niveau des sutures du crâne en phase respiratoire. Il devient donc bien évident qu'un traumatisme crânien va laisser des séquelles mécaniques aussi bien au niveau des sutures qu'au niveau de la mâchoire et de la colonne cervicale. Ces séquelles font l'objet de notre plus grande attention et il est important d'analyser leurs conséquences généralement insoupçonnées et donc totalement
négligées par tout le monde.

La première distorsion prise en considération va concerner un plan horizontal (gauche - droite) et classiquement l'individu ayant des difficultés de lecture et d'apprentissage va présenter une bascule du crâne supérieure droite et inférieure gauche. La résultante est une perte d'horizontalité des cavités orbitaires (entre autres) et donc des yeux. Comme nous sommes neurologiquement construits pour avoir toujours les yeux à l'horizontale, car c' est le point de référence pour l'oreille interne, donc l'organe de l'équilibre, une partie du cerveau va immédiatement et constamment se mobiliser pour les ramener à l'horizontale. Le problème survient dès que les yeux, lors d'une activité, vont se trouver en bas à gauche, donc dans le sens de la distorsion; en effet il va se produire un signal d'alarme au niveau du cerveau, lequel va instantanément laisser tomber des fonctions d'intégration neurologique qu'il considère comme secondaires. Pensez maintenant à la première fonction que requièrent la lecture et l'écriture : il faut aller chercher le début de la ligne. Et dans notre civilisation, il est en bas à gauche! Et la résultante est une dysfonction neurophysiologique! La simple observation permet de confirmer ce qui précède : tout individu présentant des troubles va systématiquement tirer son livre, son cahier ou son journal vers la droite pour éviter ce désastreux cadran inférieur gauche à l'intérieur duquel il n'est plus capable d'intégrer de manière profitable ce qui s'y trouve. Il va aller lire et écrire à droite, en éliminant un maximum du cadran inférieur gauche, et cela explique la position paradoxale des gauchers (des droitiers désorganisés lors de la phase d'apprentissage de l'écriture) De même, les individus qui ont une désorganisation neurologique deviennent facilement repérables sur un court de tennis: ils sont "nuls" pour effectuer les revers (les coups droits pour les gauchers) n'ayant plus la coordination neurophysiologique pour frapper la balle avec l'endroit approprié de la raquette. Ils deviennent aisément repérables car pour pouvoir compenser ce handicap ils doivent obligatoirement adopter une position du corps en rotation gauche pour éliminer un maximum le cadran inférieur gauche déficient, position qui ne pourra être modifiée, au grand désespoir du professeur de tennis. Paradoxalement, ces individus ne trouveront aucune difficulté dans l'apprentissage du ski, sa difficulté essentielle résidant (pour l'individu normalement organisé) lors d'une diagonale dans la pente, a avoir la jambe en amont en flexion en même temps que le bras du même côté (position homolatérale de la désorganisation neurologique!)

La deuxième distorsion concerne le plancher du crâne dans son aspect antéro-postérieur, à savoir la jonction sphénobasilaire. C'est un peu comme s' il était soulevé en son milieu et il est dit "en flexion". Si l'on considère maintenant l'effet que cela a sur le volume de la "boîte crânienne dont il est le plancher il est évident que cela va en diminuer le volume.Pourtant chez l'enfant un volume intact est d'autant plus nécessaire que son cerveau est en train de grandir et il va falloir impérativement essayer de corriger ce volume trop petit. Devinez-donc comment il va s'y prendre! Imaginez une ligne horizontale qui deviendrait cassée vers le haut en son milieu. Quel serait le meilleur moyen mécanique de l'amener à retrouver son horizontalité? Ne serait-ce pas de prendre appui sur la partie inférieure de l'une des deux extrémités (l'autre étant immobilisée) et de tirer pour l'éloigner? Eh bien, c'est exactement ce que le "suceur de pouce" est en train d'accomplir en tirant en avant avec son pouce (ou d'autres doigts) sur la partie antérieure de son palais et sur les incisives. Il doit même le faire tellement fort dans certaines circonstances qu'il peut se déformer complètement le palais. Vous avez bien compris qu'il s'agit d'une opération de l'ordre de la survie neurologique de l'individu et pourquoi même les moyens les plus barbares utilisés sont souvent impuissants à faire cesser un individu de sucer son pouce. De fait, l'enfant de quinze ans qui suce son pouce, est-ce un "gros bébé" ...? De même que la patiente de 35 ans dans ma consultation qui réveille son mari la nuit par les bruits de sa succion de pouce ou que la grand-mère dont les deux petits-enfants m'ont dit qu'il fallait absolument que je la traite après qu'ils aient eux-mêmes spontanément cessé suite à une rééquilibration mécanique? Mais il y a bien sûr une composante psy...! C'est le pouce en bouche, mais sans aucune forme de succion, qui fait partie du domaine affectif et qui dispa- rait très tôt et spontanément dans la petite enfance (vers l'âge de deux ans).

La troisième composante mécanique d'importance à considérer se manifeste au niveau de la mâchoire. Nous nous contenterons de n'en parler que brièvement sous peine de devenir trop technique et de sortir du sujet qui nous occupe. Il est toutefois primordial de comprendre qu'il ne peut y avoir d'intégrité de la boîte crânienne sans symétrie de fonction de la mâchoire, l'inverse étant vrai, et cela pour des raisons mécaniques évidentes. De même, la mâchoire va constamment modifier la fonction du bas du dos, du bassin et des hanches, et vice-et-versa, comme démontré à tous nos patients sur une base de mesures cliniques effectuées avant-après.

Une des modifications engendrée par la dysfonction de la mâchoire va affecter le diaphragme. Il est important de comprendre que ce diaphragme est schématiquement constitué en son aspect postéro-central de bandes fibreuses qui se croisent et lesquelles sont soumises à des tractions opposées par le biais des muscles le composant. Ceci est important, car ces bandes fibreuses entourent la fin d'un "tuyau", lequel débouche immédiatement dans l'estomac. Ainsi, en cas de dysfonction de la mâchoire, un réflexe fait "lâcher" la portion gauche du diaphragme, relâche donc un peu de la traction nécessaire, et permet ainsi à la partie supérieure de l'estomac de venir se "coincer". Médicalement, nous parlerons alors de "hernie hiatale", ou hernie de l'es- tomac à travers le diaphragme, avec le cortège de signes et symptômes qui l'accompagnent, à savoir brûlures, régurgitations, renvois, ballonnements. Les enfants affectés sont toutefois rarement concernés par ces manifestations, si ce n'est occasionnellement par une mauvaise haleine, en particulier le matin. Alors pourquoi en parler?

Il y a un phénomène que nous connaissons tous très bien, mais dont la médecine actuelle n'est pas du tout prête à nous parler: nous avons un organe connu en relation indissoluble avec le système psychoaffectif. Comment le savons-nous? Tout simplemnt parce que nous avons tous eu peur au moins une fois dans notre vie; et que nous savons tous que la première manifestation physique d'une peur est une sensation désagréable dans la partie supérieure de l'abdomen que nous nommons une ..."boule". Nous le savons tellement bien que cela a passé depuis longtemps dans le langage populaire. Connaissez-vous les expressions : avoir "la peur au ventre", les "tripes nouées", la "boule", le "noeud à l'estomac"....? Nous nous référons donc constamment à l'estomac lorsque nous évoquons le sentiment de peur ou d'angoisse.

Si nous remettons toutes les données ensemble, nous avons un problème mécanique au niveau de la mâchoire, lequel crée une agression mécanique sur l'estomac par le biais du diaphragme, mais nous venons de dire que l'estomac fait partie intégrante du système psychoaffectif, voire qu'il est la composante prédominante du dit système. Nous sommes donc en présence de problèmes mécaniques à manifestations psychoaffectives. L'estomac est le siège de l'angoisse, en particulier de type phobique; ce n'est pas parce que vous avez un problème d'estomac que vous devez obligatoirement avoir des angoisses ou des phobies, mais si vous avez des angoisses ou des phobies vous avez obligatoirement un problème d'estomac. La profession chiropratique a enseigné cela à un psychologue américain, le Dr Callahan, lequel a écrit un livre en l985 , "Five minute phobia cure" (ou la cure des phobies en cinq minutes), rapidement devenu un best-seller aux Etats-Unis. Il a rajouté une dysfonction qui est celle de l'intestin grêle, laquelle, associée à celle de l'estomac, est devenue un phénomène nommé une "inversion psychologique", ou selon ses termes: le "self sabotage". Cliniquement, cela revient à dire que plus un individu se positive, plus le contraire se produit, plus il veut se sortir d'une situation, plus il s'y enfonce. N'en voyez-vous pas des exemples frappants autour de vous? C'est le seul moyen de sombrer dans la dépression, voire même de toucher le fond de l'abîme que représente la tentative de suicide et ses corollaires. Bien évidemment, ce n'est pas parce que vous avez une inversion psychologique que vous devez avoir un état dépressif ou des idées suicidaires, mais l'inverse est une constante. N'avez-vous jamais été perturbés par le fait que la plupart des gens autour de vous présentant le tableau d'une dépression n'ont en fait jamais de véritable raison pour que cela soit le cas? Tout ce qui précède concerne bien évidemment aussi les enfants, avec les drames "inexplicables" dont nous avons tous malheureusement connaissance. Il suffit heu- reusement de changer ces paramètres, ce que le chiropraticien avec ses connaissances de Kinésiologie Appliquée est à même de faire, pour que l'image clinique soit radicalement modifiée,
et cela de manière constante.

Dans la profession chiropratique, nous considérons que nous avons trois planchers de respiration, lesquels fonctionnent de manière absolument solidaire lors des phases respiratoires. Nous venons de parler du plancher "crânien" et du diaphragme, il reste à metionner le dernier, à savoir le périnée, lequel est situé entre les organes génitaux et l'anus et qui représente le plancher de la paroi abdominale. Lorsque les deux autres sont en dysfonction, il va s'y mettre à son tour avec comme conséquence de son relâchement une descente des organes de la cavité abdominale, y compris descente de la vessie. Résultante potentielle : l'énurésie ou le pipi au lit que le gosse de 13 ans fait exprès toutes les nuits pendant onze ans pour embêter Maman..! Pensez aux conséquences psy... chez cette patiente de 25 ans, fiancée depuis deux ans, qui va se marier et devoir dormir avec son amoureux pour la première fois, trop embarrassée pour parler auparavant de ce problème. Tout comme la brave dame respectable qui n'ose trop éclater de rire sous peine de fuite...!

Loin de moi l'idée de dénigrer le domaine psy..., lequel a entièrement sa place dans la médecine. Toutefois, force est de remarquer que l'importance qui lui est attribuée est particulièrement mal ciblée dans les situations qui précèdent, lesquelles ne sont en fait rien d'autre que des manifestations à composantes psychoaffectives de dysfonctions mécaniques créant des perturbations de fonctions organiques.

Michel Barras
Dr en chiropratique
Lausanne

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